Polynésie, la mer de Matisse, oiseaux et poissons blancs découpés sur un damier de bleus, à côté d'une bille MesBilles Matisse de 25 mm turquoise et vert foncé

Peintres
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En 1925, un journal de Grenoble parle d'un tableau d'Henri Matisse comme d'un « papier peint pour salon de réception des fous ».

Vingt-quatre ans plus tard, devant ses premières gouaches découpées exposées au Musée national d'art moderne, le critique Christian Zervos écrit dans Cahiers d'Art qu'elles pourraient « tout au plus agrémenter un tissu ou un papier mural ».

Deux fois la même accusation, à un quart de siècle d'écart. Ironie de l'histoire : quelques années plus tard, Matisse travaillera effectivement avec des matériaux que l'on aurait pu croire destinés à la décoration ou à l'emballage.

Polynésie, la mer est faite de papier d'emballage

Le Centre Pompidou, qui conserve l'œuvre, est précis sur ce point : le fond carrelé bleu et vert est composé de feuilles de papier d'emballage colorées industriellement. Les oiseaux et les poissons blancs, eux, sont découpés dans du papier à lettres.

Nous sommes en 1946. Matisse a soixante-seize ans. À cette période de sa vie, alors que sa mobilité est fortement réduite, les papiers découpés prennent une place croissante dans son travail : peindre des feuilles à la gouache, ou prendre du papier déjà coloré, et découper directement dans la couleur.

Une hirondelle pour cacher une tache

L'origine de cette composition tient, si l'on en croit son assistante Lydia Delectorskaya, à un geste minuscule.

À Paris, en 1946, Matisse découpe une hirondelle dans une feuille de papier à lettres. Il ne se résout pas à la jeter. Il l'épingle au mur, où elle recouvre au passage une tache dont la vue le dérangeait. D'autres formes suivront sur le même mur. Ce sera Océanie.

Le MoMA rapporte ce témoignage (s'ouvre dans une nouvelle fenêtre). Ce n'est pas une observation de laboratoire : c'est un récit d'atelier, venu de la personne qui était dans la pièce.

La tapisserie trop fidèle

Polynésie, la mer devait être tissée en tapisserie à la Manufacture nationale de Beauvais. Les liciers ont fait leur travail avec un soin exemplaire : ils ont reproduit fidèlement les nuances des papiers. Y compris leurs marques d'usure.

« Les papiers bleus étaient plus ou moins culottés : ils ont voulu les représenter comme cela. C'est un non-sens absolu. »
Henri Matisse au frère Rayssiguier, 28 mai 1949, cité dans la notice de collection du Centre Pompidou (s'ouvre dans une nouvelle fenêtre)

Autrement dit, les liciers avaient fidèlement reproduit jusqu'aux traces d'usure du papier d'origine. Un degré de fidélité dont Matisse ne voulait justement pas.

Intérieur aux aubergines de Matisse, paravent et motifs floraux, avec une bille MesBilles Matisse de 16 mm vert d'eau et brun

La bordure posée, retirée, rétablie, retirée

Intérieur aux aubergines, peint en 1911, n'a pas toujours eu les bords nus qu'on lui voit aujourd'hui au musée de Grenoble (s'ouvre dans une nouvelle fenêtre).

Matisse y a ajouté une bordure florale. Il l'a supprimée. Il en a rétabli une autre. Puis, après avoir racheté le tableau aux Stein, il l'a retirée une dernière fois, vraisemblablement vers 1917, selon l'historien de l'art Rémi Labrusse.

La toile est arrivée à Grenoble définitivement dépouillée de sa bordure. Sa technique, la détrempe à la colle, la rend aujourd'hui extrêmement fragile et ses déplacements sont devenus exceptionnels. Entre 1993 et 2020, elle n'a pas été montrée à Paris une seule fois.

Ce que la matière raconte

On range volontiers Matisse du côté de la facilité, le peintre du bonheur, des couleurs agréables, du fauteuil confortable dont il parlait lui-même.

La matière raconte autre chose : du papier d'emballage, du papier à lettres, de la détrempe à la colle, une bordure posée puis arrachée. Rien de précieux, beaucoup d'essais.

La simplicité apparente n'est presque jamais le point de départ. C'est le point d'arrivée.

Et nos billes Matisse dans tout ça ?

Nous les avons appelées Matisse parce que leurs couleurs franches, posées côte à côte sans transition, nous ont rappelé cette manière de découper directement dans la couleur.

Taille Ce qu'on y voit Fiche produit
16 mm verre vert d'eau et brun Bille Matisse 16 mm
22 mm verre turquoise et brun Bille Matisse 22 mm
25 mm verre turquoise et vert foncé Bille Matisse 25 mm
35 mm verre vert d'eau et brun Bille Matisse 35 mm
42 mm verre turquoise et brun Bille Matisse 42 mm

Toutes sont vendues à l'unité.

À votre tour
Un matériau très ordinaire vous a-t-il déjà surpris dans une œuvre ? Dites-le-nous en bas de page.

Pour aller plus loin

Chez MesBilles

Sources

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Mascotte Ronde MesBilles

L'œil MesBilles

Du papier d'emballage devenu chef-d'œuvre : la couleur franche se moque bien de la noblesse du support. Nos billes Matisse fonctionnent sur le même principe.

Voir les billes d'Art aux couleurs franches →

Illustrations MesBilles : billes du catalogue, vendues à l'unité, photographiées à côté des œuvres citées, entrées dans le domaine public le 1er janvier 2025.

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